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Lettre ouverte à l'arbitre du match Monaco-Marseille

Monaco, le 28 avril 2008

 

 Monsieur l’arbitre,

 

Pas question d’engager une vaine polémique avec un homme dont la fonction n’est enviée par personne, ni de porter préjudice à sa réputation qui lui a valu de diriger récemment la finale de la coupe de la Ligue et de s’y distinguer de l’élégante manière que vous savez.

Que nenni.

Au nom de ses membres, le Bureau du Club des Supporters de Monaco – ne souriez pas, ils existent bel et bien, ces supporters tant décriés, au point d’avoir même besoin d’être gouvernés – tient à vous exprimer son indignation. Expliquez-nous en effet comment vous avez pu ignorer la faute de Kanga Akalé sur Sylvain Monsoreau lors du troisième but marseillais, comment vous avez pu accorder ce but, alors que vous étiez idéalement placé et que tout le public, y compris sa majorité marseillaise, a vu la faute, tant elle était grossière. C’est un pur scandale, n’ayons pas peur des mots.

Passe encore que vous ayez négligé la faute commise sur Néné en première période et qui aurait mérité la sanction suprême. Passe encore que vous n’ayez pas daigné avertir la petite perle olympienne, Samir Nasri, coupable d’un vilain geste sur Jerko Léko avant la pause et d’une gifle sur Léandro Cufré juste après, ce qui, sous d’autres cieux moins cléments, l’aurait prématurément expédié sous la douche réparatrice des vestiaires. Sachant que notre équipe n’a rien montré de bien reluisant en première mi-temps à l’image d’une grande partie de sa saison, nous avons la délicatesse de vous pardonner ce genre d’erreurs, dont la répétition est ordinaire dans notre championnat. Mais que vous ayez pu accorder ce but assassin dépasse notre entendement et provoque notre légitime courroux.

Nous allons donc vous signifier ce que nous avons sur la patate et qui commence à peser. Vous avez fait preuve hier soir, Monsieur l’arbitre, non pas d’incompétence, puisque le niveau auquel vous officiez exclut cette hypothèse, non pas de malhonnêteté puisque, par définition, votre fonction vous situe au-dessus des tentations de la plèbe et que nous nous refusons sincèrement à souscrire à ce genre de soupçon, mais de la plus élémentaire, de la plus banale des faiblesses. Vous avez cédé plus ou moins consciemment à la pression économico-médiatique qui consiste à préférer la qualification de l’OM pour la Ligue des champions à celle de Nancy et à se moquer, comme de l’an quarante, de l’éventuelle relégation de l’AS Monaco en L2, voilà tout. Interrogez votre coeur, même s'il vous en coûte.

Si l’on ajoute à cette erreur magistrale celle du match aller où le premier but marseillais était hors-jeu, celle de Monaco-Nice où votre collègue s’est trompé de coupable sur le coup franc à l’origine de l’égalisation niçoise, celle de PSG-Monaco où le but de Bolivar a été refusé pour un hors-jeu imaginaire, nous en passons et des moins bonnes, on comprendra aisément que nous ne versons pas spécialement dans la parano en osant penser que l’AS Monaco n’est ni aimée ni aidée par votre corporation. Vulgairement parlant, nous en avons assez de nous faire enfler dans une posture dont des publics moins bien élevés que le nôtre vous conseillent régulièrement la pratique scélérate.

Le pire, Monsieur l’arbitre, c’est que, même pris le sifflet dans le sac, vos confrères et vous persistez et signez dans vos erreurs, en vous drapant dans votre dignité comme des vierges effarouchées et en joignant la suffisance à la plus sombre obstination. Si vous acceptiez de reconnaître de temps en temps que vous vous êtes trompés comme le commun des mortels, vous y gagneriez en humanité et en sérénité. Vous réclamez le respect et vous avez raison. Employez-vous seulement à le mériter, car n'est respecté que celui qui est respectable.

Dans l’attente de vous apprécier à l’occasion d’une prochaine victoire monégasque, nous vous prions de croire, Monsieur l’arbitre, à l’assurance de notre considération distinguée.

  

Le Bureau du Club des Supporters de Monaco.

 
A la bastiaise

Après la défaite concédée naïvement aux Toulousains, on craignait le pire du derby en bleu qui attendait notre équipe au stade du Ray et qu’elle n’avait plus remporté depuis quatre ans, à la veille d’une historique demi-finale de Ligue des champions à Chelsea.

Eh bien ! les hommes de Ricardo ont agréablement et gaillardement surpris les deux à trois cents supporters qui avaient effectué le plus court déplacement de la saison pour les encourager. Occupation rationnelle du terrain, discipline collective doublée d’une abnégation sans faille, volonté farouche d’aller de l’avant traduite parfois par un engagement excessif et, surtout, réalisme froid et lucide, les Rouge et Blanc ont rassemblé au bon moment les qualités nécessaires à un succès salvateur.

Même si deux des leurs ont été expulsés en toute fin de partie, ils ont marqué trois beaux buts pleins de sang-froid,  l’arbitre à la main leste choisissant d’annuler le deuxième, celui de Néné, et – qui pis est - d’infliger un avertissement à ce dernier : un comble, auquel nous sommes malheureusement habitués ! Mais les réalisations de Camel Meriem, auteur d'une solide performance, et de Sergio Almiron sont bel et bien restées inscrites au tableau d’affichage, octroyant trois points précieux à l’AS Monaco, qui s’est ainsi sauvée quasi-définitivement de la relégation.

Cette victoire a valu bien des compliments à notre formation. Le plus beau émane peut-être de l’entraîneur niçois lui-même qui a affirmé que l’engagement des Monégasques avait ressemblé à celui des Bastiais d’une certaine époque. Venant de l’un des plus éminents techniciens corses, ce n’est sûrement pas un mince éloge.

Allez Monaco.

 
Encore une semaine éprouvante

On attendait beaucoup de ce Monaco-Toulouse, comme de juste.

Parce que, dans la continuité de la victoire à Strasbourg, on osait croire que le jeu monégasque serait sinon chatoyant, du moins intéressant. Parce qu’un second succès consécutif – une bénédiction dans le contexte – permettait non seulement de distancer un concurrent direct, mais surtout de se sauver à coup sûr avant deux derbies ô combien difficiles. Et puis aussi parce que, à l’image de ce qui s’était passé dans la semaine à la tête du club, on espérait secrètement comme une révolution dans le football de nos favoris.

On attendait beaucoup trop de ce match capital.

Comme on avait oublié que l’AS Monaco n’était pas encore remise de ses émotions, le déroulement de la rencontre a rapidement ramené le public du Louis-II à la rude réalité de la compétition. Deux buts toulousains, un au début de chaque mi-temps, ont eu raison de notre équipe. La faute à l’inattention, à un manque de concentration optimale, à une envie moindre peut-être. Bref, l’ASMFC a perdu un match qui aurait dû être à sa portée et s’est replongée toute seule, comme une grande, dans l’angoisse du lendemain.

Car se profile le plus court déplacement de la saison chez un voisin qui ne nous craint plus depuis sa remontée en L1, avant la réception de l’Ohème, qui ne voudra surtout pas abandonner le podium ni la possibilité de disputer la Ligue des champions la saison prochaine. Autant dire qu’il ne s’agira pas de rêvasser à un monde meilleur quand l’arbitre donnera le coup d’envoi de ces hostilités. Notre destin est entre nos mains. Pas question de le laisser filer .

Allez Monaco.

 
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