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Les sifflets au piquet !

Lundi soir - jour inhabituel pour un match de football - on était curieux de voir ce que donnerait la confrontation entre l´AS Monaco de Guy Lacombe et l´AJ Auxerre de Jean Fernandez, et impatient de savoir comment allaient en découdre un sérieux prétendant au trône de la Ligue 1, même privé de son stratège, et un demi-finaliste de la Coupe de France, qualifié de la brillante manière que l´on sait.

Et l´on a attendu longtemps avant d´assister à une action digne de ce nom tant les deux équipes se respectaient et s´observaient. Elles se sont d´ailleurs quasiment observées toute la première mi-temps et ne se sont hasardées à se découvrir et à lancer quelques escarmouches qu´après la pause, mais sans  conviction ni réussite, les deux gardiens n´étant inquiétés que dans de bien rares situations. De la sorte, l´AJ Auxerre a manqué l´occasion de prendre seule la tête du classement et l´AS Monaco d´inscrire son premier but du mois de mars en championnat, où elle en est à son troisième match nul et vierge consécutif. Preuve qu´elle ne marque pas, certes, mais qu´elle n´en prend pas non plus, preuve peut-être aussi que, inconsciemment ou pas, elle se réserve pour la Coupe de France où elle a une belle carte à jouer.

Même s´il a été terne et laborieux, le spectacle offert par nos Monégasques méritait-il les sifflets et les quolibets descendus des tribunes, notamment des Premières ? De quel droit le public du stade Louis-II se permet-il de manifester sa mauvaise humeur, par exemple à l´encontre de Stéphane Ruffier, irréprochable depuis le début de saison, pour un dégagement un peu trop appuyé, alors que son équipe l´a fait vibrer cinq jours plus tôt contre Sochaux ? Oubliées les victoires sur les ténors du football français ? Oubliées les performances retentissantes en Coupe de France ? Oublié le succès de la politique de formation symbolisée par l´éclosion de nombreux jeunes talents du centre ?

Le CSM condamne un comportement aussi injuste que versatile de la part d´une frange de notre public. Fi de l´ingratitude et de la suffisance ! La meilleure façon d´envoyer notre club au stade de France, c´est de lui témoigner notre amour en l´encourageant, quelles que soient les circonstances, et de mettre sifflets et quolibets au piquet une bonne fois pour toutes.

Allez Monaco.