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Puis, soudain, surgit JPP...

C’est à un match fou, fou, fou auquel il nous a été donné d’assister mercredi en fin d’après-midi, sur la pelouse du stade Louis-II, en quart de finale de la Coupe de France, épreuve que l’AS Monaco n’a plus remportée depuis 1991, presque vingt ans, autant dire une éternité.

A la mi-temps, il semblait bien que les Asémistes avaient fait le nécessaire, après avoir copieusement dominé leurs adversaires, auxquels ils n’avaient pourtant planté que deux buts – mais quels buts ! – alors qu’ils s’étaient procuré nombre d’occasions franches, qui auraient dû leur permettre de mener plus largement au score. Ce manque de réalisme, ils l’ont amèrement regretté au retour des vestiaires, car ce sont les Sochaliens qui ont pris le jeu à leur compte, n’ayant plus rien à perdre, et qui ont réussi à inverser le cours de l’histoire en égalisant puis en prenant l’avantage, un avantage qui paraissait définitif, au grand désespoir des supporters monégasques, tant les locaux piétinaient et peinaient à percer l’arrière-garde sochalienne, scrupuleusement regroupée devant Teddy Richert.

Le rêve allait passer d’une nouvelle finale parisienne, à laquelle on avait cru dur comme fer après les qualifications sur Lyon et Bordeaux, qui côtoient le gratin européen. Le rêve passait quand, soudain, surgit JPP.

jpp

Le Colombien Juan Pablo Pino, le héros de la soirée

(photo J-P Kieffer de l'antenne d'Alsace)

Entré à un quart d’heure de la fin du temps réglementaire, Juan Pablo Pino, qui galérait depuis des semaines et des mois, malgré un talent incontestable, a libéré ses coéquipiers et l’ensemble du public du stade Louis-II, à l’exception des 250 supporters francs-comtois qui avaient effectué le déplacement et qui se voyaient déjà en haut de l’affiche. Alors qu’il ne restait plus, dans le temps additionnel, qu’une poignée de secondes, alors que les Sochaliens s’étaient présentés à trois contre un devant Stéphane Ruffier et avaient bêtement gâché l’occasion de porter le score à 4 à 2, alors que l’arbitre se préparait à siffler la fin de la partie, sur l’ultime contre-attaque des Rouge et Blanc développée sur le flanc gauche, le Colombien a inscrit le but du miracle auquel plus personne ne croyait, sauf lui. Et c’est encore lui qui, dans les prolongations, a déclenché le tir surpuissant relâché par Teddy Richert dans les pieds de Moussa Maazou, qui ne s’est pas fait prier pour marquer le but vainqueur et envoyer son club en demi-finale.

L’AS Monaco, qui venait de friser la correctionnelle après un parcours de toute beauté depuis la reprise de janvier, obtenait de haute lutte le droit de le poursuivre et de continuer à faire rêver ses supporters. Avec des matches de cette intensité, avec cet état d’esprit, avec cette combativité, elle peut être sûre d’aller au bout de cette compétition, comme elle peut être certaine de parvenir tout au fond de nos cœurs.

Allez Monaco.