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Après la cruelle déconvenue essuyée dans le chaudron stéphanois, nous nous persuadions que nos favoris nous devaient une revanche et les 83 supporters monégasques présents à Bordeaux se prenaient à espérer secrètement qu’ils choisiraient le stade Chaban-Delmas pour nous l'offrir, malgré l’ampleur de la tâche et la grande qualité de l’adversaire.
Eh bien ! emmenés par leur capitaine Diego Perez, omniprésent et exemplaire, les joueurs monégasques nous ont donné satisfaction en se qualifiant et ont même dépassé nos espérances en y ajoutant la manière. Pendant le premier quart d’heure, ils ont pourtant subi les assauts répétés des Girondins qui, exposés à un calendrier démentiel et privés de trois titulaires indiscutables, souhaitaient faire la différence au plus vite, parce que la Coupe de France est un de leurs objectifs prioritaires. L’orage passé, les Asémistes ont pris peu à peu l’initiative de la partie et entrepris de porter le danger dans le camp adverse. Leurs efforts ont été assez rapidement couronnés de succès grâce à Djimi Traoré qui ouvrait son compteur buts à l’AS Monaco, en poussant au fond des filets la balle relâchée par Ulrich Ramé, suite à un coup franc frappé de la gauche par l’inévitable virtuose brésilien Nenê et initialement repris par Chu Young Park.

La tempête de neige survenue pendant la mi-temps allait-elle refroidir les ardeurs monégasques ? Que nenni. Au contraire, les hommes de Guy Lacombe repartaient de plus belle et concrétisaient leur domination avant l’heure de jeu grâce au Nigérien Moussa Maazou, qui inscrivait son premier but en rouge et blanc dans un froid sibérien qui lui rappelait le championnat russe dont il provient. Dotés de cet avantage de deux buts, il leur incombait de contrôler la dernière demi-heure de jeu, au cours de laquelle leurs adversaires se sont rués à l’attaque de façon confuse – bourgeoise, a subtilement commenté Julien Crévelier dans « Monaco Matin » - ce dont ils se sont acquittés avec intelligence et générosité, à l’image de l’arrière-garde, stoïque et invulnérable.
On ne regrettera même pas que les Rouge et Blanc n’aient pas aggravé la marque comme ils le méritaient, notamment sur un corner direct de Nenê. La manœuvre avait été rondement menée, la victoire était belle et pure et prenait des allures de triomphe dans la froidure girondine, mais un triomphe à l’asémiste, c’est-à-dire sans esbroufe. L’accident de Geoffroy-Guichard était ainsi effacé et l’équipe remise en selle avant de recevoir Marseille samedi soir en championnat. Une chose est certaine : la fin de saison sera palpitante, surtout si nos joueurs démontrent à nouveau ce qui sautait aux yeux à Bordeaux : l'envie de gagner cette coupe qui fuit l'AS Monaco depuis dix-neuf ans.
Allez Monaco.
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