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Samedi soir, les 203 supporters monégasques qui s’étaient déplacés à Lens pour encourager leurs favoris, auraient pu se croire sur les bords de la Méditerranée, tant la chaleur était suffocante, si les chants et le tumulte des tribunes ne leur avaient rappelé qu’ils étaient bel et bien plongés au cœur de l’ambiance légendaire du stade Bollaert, au sein du pays minier, fier de ses racines et de son identité. A la fin de la mi-temps, quand 35.000 poitrines reprennent en chœur le refrain des « Corons », la célèbre chanson de Pierre Bachelet que la sono déverse généreusement aux quatre coins de l’enceinte, il est impossible de rester insensible à l’expression d’une ferveur aussi émouvante. Il faut avoir vécu un tel moment au moins une fois dans sa vie de supporter... en évitant soigneusement de solliciter le service d'ordre dont l'obsession sécuritaire frise la paranoïa.
Pendant 70 minutes, en tout cas, cette atmosphère surchauffée n’a semblé faire de l’effet, paradoxalement, qu’à nos footballeurs. Bien que dominateurs, les joueurs lensois ne parvenaient pas à tromper la vigilance de nos défenseurs, qui constituaient un rempart imprenable devant Stéphane Ruffier, toujours aussi impeccable. Comme, devant, nos attaquants faisaient preuve d’un réalisme peu commun, l’AS Monaco s’acheminait tranquillement vers son premier succès de la saison, grâce à deux buts spectaculaires de Daniel Niculae et de Pierre-Emerick Aubameyang, quand, à vingt minutes du terme, le visage de la rencontre s’est radicalement transformé.
Les remplacements auxquels procédait l’entraîneur lensois ainsi que la pression du public, dont l’enthousiasme débordait sur son équipe, ont précipité la fin des illusions monégasques. Les locaux réduisaient le score trop tôt, trop vite après le second but asémiste et ce qui devait arriver arriva. Désormais étrangement bousculés, nos défenseurs finissaient par concéder un nouveau but et, sans le talent de notre gardien et capitaine, il s’en est fallu de peu que les Nordistes n’emportent la décision in extremis, ce qui aurait été immérité sur l'ensemble de la partie.
La délégation monégasque regagnait ses pénates, partagée entre la satisfaction de demeurer invaincue et la frustration d’avoir manqué de peu le premier succès à Bollaert depuis plus de treize ans. Qu’à cela ne tienne, notre équipe se met en place petit à petit et, lorsqu’elle aura trouvé repères et automatismes, elle nous procurera ce que nous attendons d’elle : le plaisir de la victoire.
Allez Monaco. |